28ème Fête fédérale des joueurs de cor de chasse à Brigue

La ville des Alpes au pied du Simplon, Brigue, sera le lieu de la prochaine fête fédérale des joueurs de cor de chasse en 2013. Lire le communiqué de presse

ChasseSuisse: Prise de position sur la stratégie nationale pour la biodiversité

feldhaseStampa, 14.12.11 / ChasseSuisse, l’organisation faîtière des chasseurs suisses, salue la stratégie sur la biodiversité du Conseil fédéral mais exige que cette question soit abordée de façon globale. Pour les chasseurs, la biodiversité représente bien plus que la préservation des espèces dans les zones protégées. Il faut sauvegarder la biodiversité sur l’ensemble du territoire, en impliquant la population qui exploite la nature de façon durable. Aujourd’hui, ChasseSuisse a communiqué sa position en matière de biodiversité.

 

Madame la Conseillère fédérale,
Mesdames, Messieurs,

Nous vous remercions de nous accorder la possibilité de prendre position concernant la stratégie du Conseil fédéral pour la biodiversité. ChasseSuisse représente les intérêts des fédérations et associations cantonales de chasse et, par là même, l’ensemble des chasseurs suisses.

ChasseSuisse soutient les projets du parlement et du conseil fédéral de préserver et de promouvoir la biodiversité en Suisse. La fédération de chasse nationale est également d’avis qu’il faut en faire davantage pour la biodiversité dans notre pays. Mais la Suisse devrait tirer les enseignements des approches malencontreuses de ces dernières décennies et impliquer davantage les habitants de notre pays dans les efforts entrepris.

Les mesures prises à ce jour n’ont pas remporté le succès escompté car les avantages pour les personnes directement concernées n’ont pas suffisamment été mis en avant à ce jour. La clé du succès en Suisse repose sur un traitement plus respectueux des ressources renouvelables sur l’ensemble du territoire, en impliquant également les exploitants de la nature. L’exploitation durable des différents composants de la biodiversité est un des objectifs de la convention internationale sur la biodiversité.

Il faut davantage veiller à traiter des aspects de la préservation de la faune sauvage, des plantes et des espaces vitaux en tenant compte des exigences des habitants dans son ensemble. La biodiversité dans notre pays est entre les mains d’hommes et de femmes et seuls les hommes et les femmes peuvent la préserver et la promouvoir. La stratégie pour la biodiversité doit tenir compte paritairement de tous les acteurs impliqués et créer des attraits en particulier dans les domaines concernés qui promettent le plus grand succès au niveau national et international. Cette stratégie doit être adaptée de façon spécifique à la situation dans notre pays.

A ce propos, le projet de la stratégie de biodiversité présente des points faibles et met l’accent sur des points erronés. Il devrait en effet moins s’agir de générer beaucoup de biodiversité dans des réserves relativement petites avec des mesures spéciales et des jalons artificiels mais plutôt de promouvoir la diversité sur l’ensemble du territoire au moyen d’une exploitation durable des ressources. „Plus de nature partout“, tel devrait être le credo de la stratégie de la Confédération en matière de biodiversité. Pur atteindre les objectifs fixés, il n’est pas judicieux de reprendre des mesures programmatiques, telles que l’augmentation de surfaces protégées, qui peuvent certes se justifier dans les pays en voie de développement mais qui ne tiennent pas suffisamment compte de la situation dans notre pays.

ChasseSuisse exige un changement de stratégie de principe en matière de stratégie pour la biodiversité, qui ne peut pas se concentrer de façon unilatérale sur les exigences liées à la protection. La stratégie pour la biodiversité ne doit pas considérer de prime abord l’exploitation des ressources comme quelque chose de nocif et de négatif en soi, qu’il faudrait corriger à tout prix. Au contraire: il faut mettre l’accent sur les avantages de l’exploitation pour la population et l’environnement. L’exploitation mesurée de la faune et de la flore ainsi que la gestion judicieuse des exploitations les plus diverses des espaces vitaux par l’homme doivent être renforcées car elles peuvent contribuer de façon non négligeable à la préservation de la biodiversité dans notre pays de plus en plus peuplé et de plus en plus morcelé.


Remarques sur les différents champs de mesures de la stratégie:

1. Exploiter les ressources naturelles de façon durable

ChasseSuisse soutient l’objectif consistant à utiliser les ressources naturelles de façon à garantir la préservation des écosystèmes et leurs bénéfices pour la société ainsi que la pérennité des espèces et de la diversité génétique. Il faut pourtant faire remarquer la chose suivante. En Suisse, la biodiversité ne peut pas, en première ligne, être promue par l’augmentation des surfaces protégées selon la LPN et la loi sur les forêts (parcs, réserves forestières). D’autres types de protection des surfaces jouent également un rôle crucial, comme par exemple les districts francs de chasse fédéraux et cantonaux et les zones de tranquillité pour la faune sauvage des communes et des cantons. Ces mesures et surfaces au profit de la biodiversité devraient absolument être reconnues et comptabilisées.
En outre, il faut également entretenir et exploiter les surfaces protégées, par exemple quand il s’agit d’empêcher que les buissons et la forêt envahissent ces surfaces ouvertes. C’est par exemple le cas pour les marais, les zones humides, les prairies sèches, les hameaux disséminés dans les montagnes et les prairies alpines. Il est judicieux et indispensable de promouvoir et de mettre ces mesures en œuvre dans le cadre de l’agriculture et de la sylviculture.

Sylviculture: En ce qui concerne la surface forestière, il faut tenir compte de deux tendances contraires simultanément. D’une part la préservation des surfaces forestières du plateau suisse, soumises à une forte pression (protection contre l’urbanisation et les perturbations), d’autre part la préservation de surfaces ouvertes dans la ceinture forestière des Alpes du Sud, où les surfaces forestières augmentent fortement, menaçant ainsi de plus en plus la biodiversité. Ces deux situations requièrent bien entendu des mesures différentes, qui doivent être mises en œuvre en fonction de la situation sur le terrain.
En plus, la sylviculture doit donner une contribution à la conservation et à la favorisation de la biodiversité en créant et en soignant des habitats pour la faune de haute qualité (p. ex. le soin de lisières exposées vers le sud et l’ouverture de prés) et à la création de forêts le moins susceptibles possible pour des dégâts causés par la faune sauvage. L’acceptation de populations  adaptées d’ongulés, en particulier de cerfs, de chamois et de chevreuils, par les acteurs de la sylviculture est de grande importance. La bouffe de pousses d’arbres par des herbivores ne peut pas être à priori admise comme un dégât; un dégât est en effet présent uniquement si les objectifs de reboisement formulés de façon cohérente selon la particulière fonction de la forêt ne sont pas atteints à cause de l’impact de la faune sauvage.

Agriculture: Dans le domaine des prés et des champs, la création et l’entretien de friches, l’adaptation de l’intensité d’exploitation et de la diversité d’exploitations différentes ainsi que l’épandage d’engrais jouent un rôle crucial. Cela influe fortement sur la survie et l’évolution de nombreuses petites espèces animales, dont les populations sont soumises à une forte pression sur le plan local et régional (par exemple le lièvre brun et la perdrix). La gestion adaptée des troupeaux d’animaux domestiques au pâturage est tout aussi importante. Pour un grand nombre d’espèces de petits mammifères et oiseaux, la revitalisation de petits cours d’eau est d’importance primordiale. L’agriculture doit accepter ces mesures.

Chasse et pêche: L’exploitation durable par la chasse et la pêche est déjà contrôlée périodiquement dans le cadre de la planification annuelle. Les réflexions, planifications et actions dans les espaces vitaux suprarégionaux de la faune sauvage et les bassins versants sont déjà une réalité à ce jour et ne nécessitent pas de nouvelles ordonnances. Il faut en particulier mettre en œuvre des mesures d‘encouragement financières pour l’intégration d’espaces sauvages présentant un potentiel de risques. La recherche appliquée dans le domaine de la gestion de la faune sauvage requiert également une promotion renforcée.
Il faut aussi considérer le fait que la chasse durable n’est pas uniquement utile quand elle prévient des dégâts à la forêt et aux cultures agricoles ou à la régulation des populations sauvages. La chasse est une contribution active à la conservation de la biodiversité aussi à travers ses prestations dans les domaines de la conservation des espèces autochtones et des habitats, de la surveillance des populations d’espèces sauvages (nombres et état, situation sanitaire), protection contre les dérangements et combat d’espèces non autochtones. Enfin, la chasse comme tradition et patrimoine culturel doit être acceptée toujours quand elle ne se manifeste pas de façon négative vis-à-vis de la biodiversité.

Tourisme, sport et loisirs: Les mesures déjà mises en œuvre à différents niveaux pour la promotion de la biodiversité (zones de repos pour la faune sauvage, gestion, transmission d’informations, formation continue et permanente) doivent être renforcées.

Trafic: ChasseSuisse soutient les efforts visant à une mise en réseau de grandes surfaces d’espaces vitaux et de populations. Il faut rapidement mettre en œuvre des mesures prioritaires, comme par exemple la construction de passages à gibier importantes.


2. Mise en place d’une infrastructure écologique de réserves et de zones mises en réseau

Des espaces vitaux en réseau sont une condition absolument nécessaire pour que la biodiversité soit foisonnante et puisse réagir quand surviennent des changements (par exemple des changements climatiques). Mais il devrait moins s’agir de mettre différentes réserves en réseau et de renforcer l’infrastructure des parcs naturels, mais plutôt de promouvoir des mesures efficaces sur l’ensemble du territoire. Le financement de l’infrastructure des parcs doit s’effectuer de manière différente et ne doit pas aller aux dépens des mesures visant à préserver la biodiversité. A ce propos, il n’est nullement prouvé que les parcs contribuent plus efficacement à la préservation de la biodiversité que les surfaces exploitées de façon durable en dehors des réserves et des parcs.


3. Amélioration de l’état d’espèces fortement menacées jusqu’en 2020, empêcher ces espèces de disparaître, endiguer la propagation d’espèces invasives non autochtones, présentant des potentiels de risques

Dans ce contexte, il faut faire la différence entre les espèces animales et végétales vraiment menacées et les espèces dont les populations sont soumises à une forte pression sur le plan local ou régional. Les mesures de préservation doivent se concentrer sur les espèces pour lesquelles la Suisse joue un rôle particulier. Les espèces fortement menacées ne sont par exemple pas les grands prédateurs, mais les espèces plus petites, vivant dans les prairies et les champs, les zones humides ainsi que les fleuves et rivières. Outre la mise en valeur de la qualité des espaces vitaux, le contrôle de la prédation et de la concurrence entre les espèces peuvent jouer un rôle crucial pour la promotion de la biodiversité. Il faut empêcher la propagation d’espèces invasives, non autochtones, présentant un potentiel de risques. Il faut également renforcer la régulation d’espèces non menacées, souvent autochtones, qui se propagent fortement et qui présentent un potentiel de risques, peu importe que ces espèces soient protégées ou non.


6.  Saisie quantitative des performances de l’écosystème jusqu’en 2020

ChasseSuisse soutient les efforts pour des mesures globales des performances économiques en tenant compte du capital naturel et exige de tenir compte du rôle de l’exploitation durable des animaux sauvages vivant en liberté, destinés à la consommation ou non.


7.  Transfert de connaissances sur la biodiversité au niveau de tous les acteurs impliqués jusqu’en 2020

Les connaissances sur les espèces, les écosystèmes et leurs performances doivent être rendues accessibles de manière compréhensible aux administrations, aux milieux politiques et au grand public. Mais ces connaissances doivent être fondées de façon compétente et exemptes d’idéologie. Les autorités sont appelées à assurer leur rôle de neutralité.


10.  Garantir le contrôle des changements au niveau des écosystèmes, des espèces et de la diversité génétique jusqu’en 2020

Il faut pouvoir constater de façon fiable les changements de la biodiversité en Suisse. Le suivi de la biodiversité, déjà en place à ce jour, doit servir de base aux futures évolutions dans ce domaine. De l’avis de ChasseSuisse, cela comprend également les statistiques de chasse cantonales et fédérales, qui reposent en grande partie sur le travail volontaire accompli par les chasseurs. A l’avenir, ces travaux effectués par les chasseurs au profit de la société pour promouvoir la biodiversité devront être reconnus officiellement et bénéficier d’un soutien financier.


Remarques finales

ChasseSuisse exige que les chasseurs soient impliqués dans l’élaboration du plan d’action prévu dès le stade de la conception. Il ne faut pas que les chasseurs soient confrontés à des concepts et plans, visant à promouvoir la biodiversité, qui auraient été élaborés sans tenir compte des partenaires importants et sans prendre en compte le rôle joué par l’exploitation durable.

Nous considérons que la période de 18 mois, fixée pour mettre au point un travail équilibré, est trop courte. Il faudrait disposer au minimum de 24 mois pour élaborer le plan d’action. Dans le cadre des plans d‘action, il faut veiller à ce que les charges financières et personnelles liées à la stratégie de biodiversité restent supportables. Il faut également mettre à profit le mieux possible les effets de synergie.


ChasseSuisse, 14.12.11, Hanspeter Egli, président, et Marco Giacometti, directeur

 

Peter Zenklusen

La chasse en Suisse aujourd'hui est pratiquée de façon durable. Elle contribue à la régulation des effectifs de gibier et à prévenir des dommages à la forêt et à l'agriculture.

Peter Zenklusen, vice-président de ChasseSuisse